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Déc 16
Dimanche

18 - 22 июня 2009 Фестиваль (Манеж)


A propos de l'artiste

Oleg Tsvetkov est né un an avant la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Il a passé son enfance dans la Russie des années 60, période de réchauffement politique ("ottepel") marquée par le début de la conquête de l'espace et la Nouvelle Vague. Oleg commence à peindre à quatre ans, âge auquel il rejoint l'école d'art graphique de Bologoe pour enfants. Son premier professeur fut Boris Perkhalev, personnage unique et remarquable. .

"Il nous disait souvent : "Il vous faut aimer l'art qui est en vous et non pas vous même à travers l'art". C'est un précepte, le genre de constat qui ne vient qu'avec les années. Boris Yakovlevich fut un véritable maître, un vrai professeur, un homme dont je me souviendrai toujours avec le plus profond respect et la plus grande gratitude..."

En 1961, la famille Tsvetkov déménage à Vishniy Volochek, une petite ville de la région de Tver', située à mi chemin entre St. Petersbourg et Moscou, connue et fréquentée par les artistes de toute la Russie pour ses monuments, sa nature sauvage et son histoire. Plus tard, à partir d'archives datant d'avant la révolution, Tsvetkov recréera dans ses peintures les images perdues du glorieux passé de cette ville en faisant renaître les immeubles, églises et cathédrales qui avaient été détruits.

Au début des années 70, Oleg Tsvetkov rejoint l' "Akademicheskaya Dacha", située non loin de là, participant à des ateliers et des expositions avec les nombreux peintres présents à l'époque. Plus tard, il est contraint de s'éloigner du monde artistique pour son service militaire ; néanmoins il continue à peindre. C'est d'ailleurs pendant cette période, alors qu'il travaillait comme artiste dans le club de son régiment qu'il a commencé à s'intéresser à la gouache, ses possibilités et ses limites. Tsvetkov commence alors à développer cette technique quasiment oubliée, jusqu'à atteindre une maîtrise telle, qu'il en dépasse les limites, transformant un matériau réputé difficile en un outil docile et précis.

"La gouache a une histoire aussi ancienne que curieuse,… pourtant cette peinture "ésotérique" reste très peu utilisée de nos jours. Sa réputation de matériau graphique complexe, difficile à façonner n'est pas usurpée. En même temps aucune école n'a pris la peine de développer les méthodes nécessaires pour la travailler. Ce fut un véritable défi de dépasser cette "résistance" de la gouache, pour exprimer son potentiel à traduire la plasticité, le volume et les mouvements de la lumière. Je dois reconnaître qu'en tant que peintre, mon effort fut plus que récompensé …"

Après son service militaire, Oleg Tsvetkov travaille comme ingénieur de design industriel, décorateur, puis responsable d'un atelier d'art. En même temps, il obtient son diplôme de l'Institut de peinture, sculpture et architecture de I. E. Repin, mention théorie et histoire de l'Art. Mais ce sont sûrement les innombrables visites dans les musées des deux capitales de la Russie, et notamment dans l'un des plus beaux musées au monde - "L'Hermitage" de St Petersbourg - qui ont le plus marqué ses goûts et orientations artistiques.

"Il serait très difficile de citer tous les artistes dont je me sens proche ou dont les œuvres me sont chères … Parmi ces artistes, qui me touchent au plus profond, les maîtres nordiques de la Renaissance : Bruegel, Bosch, et Rubens ; surtout l'expressionnisme de Rubens, et les paysages de Bruegel, contemplation scrupuleuse et détaillée de la vie et du sens de celle-ci."

En tant qu'artiste Oleg Tsvetkov aspire à une expérience dynamique, multiple et émotionnelle, qui pourrait être appelée "arrière goût de réalité ". Les apparences - lignes, formes, jeux de lumière, odeurs et sons - sont chargées d'émotions et résumées dans l'espace du concevable, potentiel et anticipé; du coup ses peintures sont remplies d'une atmosphère "musicale". La figure centrale, comme le premier violon d'un orchestre, donne le thème principal, le rythme et la note.

"L'iris, un des thèmes récurrents de mes peintures, est un symbole chrétien des 7 douleurs de la Vierge Marie. Sa ressemblance avec un papillon, au vol suspendu, ajoute du mystère à sa beauté … Il y a un sens de plus à cette image pour moi : celui d'une âme quittant le corps au moment de la mort grâce à des ailes, une résurrection, l'immortalité de l'esprit humain. Les fleurs sont utilisées pour commémorer ou célébrer les moments les plus forts de la vie, quand les sentiments, la passion ou la musique se réveillent en nous. Les fleurs sont pour moi une source éternelle d'inspiration "

Le monde à travers les yeux d'Oleg Tsvetkov est multiple, émotionnel et plastique. Il respire dans un mythe et oscille entre une anticipation anxieuse, joie inspirée et révélation optimiste. L'inviolable nature russe, son histoire et son art, le microcosme humain - tout ceci est rendu avec profondeur dans ses peintures - pourtant tellement diverses dans leurs motifs, thèmes et approches. La réalité comme symbole, immergée dans un monde polyphonique d'idées - ceci est la clé de la cryptographie des toiles d'Oleg Tsvetkov.

 
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